Ivy Pack

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Des mots pour un coyote

Mes oreilles de coyote sont les membres fantômes que je sens le plus. Rien d'étonnant quand on sait que l'ouïe est un sens capital pour moi. Rendez-moi aveugle, mais par pitié, jamais sourde.

L'ouïe, c'est mon troisième oeil. Quand je traverse une rue, je regarde rarement des deux cotés. J'écoute, simplement. Si je peux fermer les yeux sans crainte (ou presque) dans le bus, c'est parce que mes oreilles sont dressées, à l'affût du moindre bruit signalant que quelqu'un m'approche.

Ca me joue souvent des tours. Quand il y a beaucoup de bruit, je parle peu, je suis facilement distraite, mon niveau de concentration avoisine zéro. Avec le temps, j'ai appris à faire abstraction des bruits parasites, mais le son des voix me pose encore régulièrement problème. Donc si une télé ou une radio est allumée, et que quelqu'un parle, n'espérez même pas avoir mon attention de façon totale. Pas avant de l'avoir éteinte en tout cas.

 

Les oreilles des canidés ont aussi une importance sociale. Elles permettent de s'exprimer : dressées, c'est l'attention ou une attitude dominante ; sur les cotés, la menace ou une soumission passive ; repliée en arrière, l'agressivité ou une soumission accomplie.

Or ma voix et mon langage corporel ne sont pas toujours en adéquation avec mes sentiments.

 

Les sons ont donc autant d'importance dans ma vie que les images.

Et rien ne fait plus sourire mon entourage que quand je me met à disserter sur la "beauté" d'un mot. Mais c'est plus fort que moi. Il y a des mots qui sont un plaisir à entendre, et d'autre qui font saigner les oreilles.

Le mot braire par exemple. Je le trouve l'alternance de deux sont "r" positionnés après un son "b" insupportable à entendre.

Alors que j'adore le mot abruti, qui sonne comme abrupte, et traduit bien le sentiment de celui qui l'utilise. C'est un mot qui, littéralement, me fascine. Alors qu'il est plutôt simple.

 

J'aime les mots.

J'aime les mots qui sonnent bien et qui sonnent juste. J'aime les entendre et les prononcés.

C'est pour cela que quand je me lance dans des explications, je suis toujours à la recherche du mot juste. Celui qui traduira exactement ce que je pense. Rien n'est plus frustrant pour moi de ne pas parvenir à le trouver. Beaucoup de gens me disent d'utiliser un synonyme, mais j'ai horreur de ça. Ca me donne l'impression que l'autre ne me comprendra pas.

 

Voilà pourquoi, même si c'était possible, jamais je ne voudrais devenir un vrai coyote.



28/10/2016
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