Ivy Pack

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L'animalité dans le ressentis

D'un point de vu concret, je suis capable de faire une assez jolie liste du pourquoi je m'identifie à un animal, à un coyote. Pour ce qui est des ressentis par contre, c'est un peu plus difficile.

Je suis quelqu'un qui pense moitié en image, moitié en mots, et qui ne met que rarement des significations disons "humaines" sur ce qu'elle ressent. Je ressens, point.

Donc au moment de devoir m'exprimer sur mes sentiments, je cherche mes mots, j'hésite, il m'arrive de bégayer, de laisser des silences de plusieurs secondes s'installer. A l'écrit, ce n'est pas mieux. C'est peut être même pire, parce que j'ai encore plus le temps de chercher le mot juste. Des termes synonymes défilent dans mon cerveau, tellement que je ne suis pas sûre duquel mettre.

Donc je fais souvent l'impasse sur mon ressentis profond. Je l'esquive pour ne pas avoir à me creuser la tête, et peut-être créer des malentendus.

Mais bon, il faut bien s'y mettre un jour.

 

Plus jeune, je n'avais pas conscience que j'étais différente. Une gamine de huit ans qui joue avec ses amis à faire les animaux, ça passe. Jusqu'à mes quatorze ans, tout me semblait parfaitement normal, et je pensais que les autres voyaient les choses comme moi.

L'arrivée dans la seconde partie du collège (4eme et 3eme), où tout le monde change en quelques mois, m'a mit une sacrée claque. On avait marre de mon comportement de gamine, j'étais "celle qui se prend pour un loup", et je ne comprenais pas vraiment ce soudain revirement. Je me comportais comme je l'avais toujours fait, et je voyais désormais la gêne dans les yeux de mes meilleures amies d'alors.

Mon incompréhension allié à ma fierté très mal placée ont fait que j'ai volontairement creusé le faussé qui avait commencer à me séparer des autres. Inconsciemment, certes, mais toujours est-il que je cherchais à pousser la différence à son maximum. Avec mon mal-être, mes sentiments sont devenu de plus en plus extrêmes. J'ai finis par me persuadé que j'étais une louve coincée dans un corps humain. Plus on me répétait que je n'étais pas un animal, qu'il fallait que j'arrête avec mes délires de petites fille, et plus cette idée m'obsédait. Je me sentais louve, mais ces ressentis étaient souvent fondés sur une image totalement erroné que j'avais du loup. Tant pis, tout ce qui ne collait pas, je l'ignorais soigneusement.

Et cette louve est devenu le bouc-émissaire de tout ce qui pouvait m'arriver.

Par exemple : les autres ne me comprenaient pas, j'étais souvent seule ? La faute à la louve solitaire que j'étais.

Je me suis drapé dans cette image d'animal coincé dans un corps humain, avec une fierté totalement déplacée. Pour moi, l'animalité était une forme supériorité sur le reste des humains. 

 

Et puis petit à petit, j'ai commencé à ouvrir les yeux. J'avais touché le fond, il était temps de remonter.

Je me suis d'abord débarrassée de cette idée d'animal coincé dans un corps humain. Il n'y avait aucun esprit de coyote coincé dans cette enveloppe humaine. Il y avait juste moi, composée en partie de mon identification au coyote. Il n'y avait rien de mieux ou de moins bien comparé à quelque de normal. Cependant, je garde cette intime conviction qu'il y a quelque chose de non-humain en moi, qui m'aide là où les tendances humaines ne suffisent plus. Qui me complète et, paradoxalement, me permet d'être entièrement humaine.

Accuser mon coté animal d'être responsable de tous mes problèmes a été la seconde chose que j'ai laissé derrière moi. Si je suis au bord de la panique lorsque je me trouve dans une situation imprévue, si je me bloque quand je me retrouve dans une situation, même banale, à laquelle je n'avais pas été préparée, ce n'est pas parce que je m'identifie à un animal. C'est parce que je suis profondément routinière, craintive, et qu'au lieu d'affronter mes peurs, je me suis cachée derrière cette excuse d'animal coincé dans un corps humain.

 

Alors je ne me sens plus animale prisonnier d'un corps humain. Je me sens humaine, bien humaine, avec un petit quelque chose d'animal, qui m'aide à trouver ma place parmi les autres que je ne comprends pas toujours, et qui fait  que je m'identifie au coyote.

 



28/10/2016
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