Ivy Pack

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Le vécu non-humain

Cet article sera mon dernier sur le blog.

 

La raison est simple : j'ai évolué, grandi et compris plein de choses quant à mes sensations non-humaines et je ne me considère plus comme thériane.

J'ai toujours des réactions animales, j'ai toujours des membres fantômes, mais je ne me sens plus vraiment animale.

 

Je dissocie de moins en moins, je suis de plus en plus ancrée dans l'instant présent, dans "l'ici et maintenant". Je me sens moins menacée, plus capable de me défendre, plus solide de façon générale.

 

Je me sens plus humaine, et moins comme un animal effrayé.

 

 

La dissociation issue d'un trauma chronique provoque souvent de la déréalisation et de la dépersonnalisation, ce qui n'aide pas à se construire un sens de soi cohérent, ce qui n'aide pas à se considérer comme humain, et ce pour plein de raison.

L’agresseur ne traite pas les autres comme il traite l’enfant, c’est que l’enfant ne doit pas faire partie du même groupe.

L’agresseur prend plus soin d’un animal que de l’enfant, l’enfant intègre les caractéristiques de l’animal afin de plaire à l’abuseur.

Les mécanismes de défense et de survie ne s’apaisent qu’en présence d’un animal, vu comme un individu stable et prévisible, ce que n’est pas l’agresseur.

L’agresseur pousse volontairement l’enfant à se considérer comme un animal.

etc.

En bref, le trauma a un impact déshumanisant.

Et si l'on n'est pas humain, alors qu'est-on ?

 

Mais au fur et à mesure que l'on avance, que l'on progresse, que l'on guérit, qu'on apprend à gérer le stress et à trouver d'autres réponses que la dissociation, ce sentiment d'inhumanité s'amenuise. On quitte l'ambiance traumatique, on intègre une ambiance plus saine, et on laisse derrière soit le fonctionnement fuite/combat/sidération.

Ce sentiment de non-humanité va-t-il disparaître ? Peut-être que oui, peut-être que non. En tout cas, il est désormais assez faible pour que mon animalité ne semble plus qu'anecdotique.

 

Le coyote et la panthère sont de vieux compagnons qui seront toujours présent en moi, mais c'est vers l'humain que je me tourne désormais.

Mon animalité est devenue une part de mon humanité.



03/12/2018
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