Ivy Pack

Ivy Pack

Ma vision des choses : la thérianthropie.

J'ai toujours vu la thérianthropie d'un point de vue psychologique, comme toute la meute. Mais concrètement, qu'est-ce que ça veut dire ?

Parmi les différentes façons de considérer la thérianthropie, certaines se démarquent. Les deux plus courantes et présentes dans notre communauté sont les visions spirituelle et psychologique. Le point de vue spirituel consiste, globalement, à penser que notre animalité vient du fait que dans des vies antérieures, on a été animal (et dans ce cas, l'animal en question était alors notre thériotype), ce qui fait que nous aurions gardé cette âme animale en nous, comme des traces de notre passé, et conservant ainsi une façon de voir le monde qui nous entoure et de nous exprimer différente des humains non-thérians. Celui qui est psychologique revient à dire qu'il s'agit d'une dissociation de notre identité.

Je l'ai dit, je vois ma thérianthropie d'un angle psychologique, car je ne peux pas supposer avoir été louve rouge précédemment alors que je n'ai aucune raison d'en être sûre. Je ne sais pas ce que j'ai pu être et je ne veux pas être influencée, alors ce qui me vient naturellement à l'esprit est que, tout simplement, je dissocie mon identité. Je la divise en deux fragments, qui partagent chacun le même corps. J'ai deux façons différentes de voir le monde dans lequel je vis, la société humaine, et il n'y en a pas une qui s'oppose à l'autre : elles se complémentent au quotidien afin de trouver un juste milieu. Au final, deux identités revient à n'en former qu'une, car je reconnais que je suis un mélange d'humain et d'animal (autre qu'humain) psychologiquement. Je ne me sens pas totalement humaine, mais pas totalement animale. Et je ne pourrai jamais penser de la sorte et mettre à l'écart l'une de ces moitiés de moi-même, car elles forment un tout : moi. Je suis en quelque sorte fière d'être thériane, car c'est ce qui crée dans mon tempérament une certaine force, ça me tient en équilibre. Je me sens complète, même si d'une certaine manière je suis "malade" car je ne me considère pas complètement comme ce que je suis biologiquement et physiquement. J'ai souvent eu des coups de mou, à cause de ce corps que je ne sentais pas mien. Il manquait un museau, une queue, des oreilles placées en haut de ma tête, des coussinets, des griffes. Il me manquait beaucoup de choses, et cette société était bien trop compliquée pour moi, je ne comprenais pas. Mais mon côté humain m'avait aidé à grandir, à chercher à voir les choses d'un autre angle, et à m'extraire de ces situations.

Aujourd'hui je suis comblée. J'ai trouvé mon parfait équilibre, ce "moi" qui me représente, ce "moi" que je suis, et que j'ai conscience d'être. Et cette sensation de légèreté que l'on ressent lorsque l'on sait mettre des mots sur ce qu'on ressent (parce qu'en tant qu'humain, il faut nécessairement mettre des mots dessus) vaut toutes les galères du monde avant d'y parvenir, tant elle nous rend heureux.

Je suis thériane. Je suis un mélange qui peut être considéré comme étrange pour certaines personnes intolérantes, et je dois d'ailleurs cacher ce côté animal que j'ai afin d'éviter certaines critiques. Mais pour rien au monde je ne supprimerai mon animalité, c'est une expérience que je suis contente de vivre car elle me permet une ouverture (ou une fermeture, pour certains thérians malheureusement) au monde inédite. Et puis, c'est comme ça que je me sens, que je me pense, que je me vois, alors à quoi bon supprimer ce que je suis ? Ça ne ferait que créer un vide.



09/01/2016
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 4 autres membres