Ivy Pack

Ivy Pack

« Mais t'es pas un animal hein. »

Ce n'est pas une réflexion que l'on m'a encore faite, mais je prévois, au cas où certain·e·s des lecteur·rice·s de mes articles seraient dubitatif·ve·s.

Alors de base, il faut savoir que les humains sont des animaux. J'invente rien : merci le cours de biologie. Jusque là, ça me semble logique, puisque jusqu'à preuve du contraire, nous ne sommes pas des végétaux, et encore moins des bactéries ou autres bestioles microscopiques. Cependant, il m'est déjà arrivé de débattre de ce sujet face à des personnes pensant que les humains sont une espèce à part. Je ne dirai qu'une chose : retournez au lycée, et faîtes beaucoup de biologie.

Ensuite, non, je ne suis pas un animal non-humain. Je suis biologiquement et physiquement 100% made in humanity (je sais pas si ça veut dire quelque chose, tant pis, c'est ma nouvelle expression fétiche 8D), j'ai conscience que je suis une humaine et je n'ai aucun souci avec ça, tout va bien. Il y a juste un coin de ma tête qui fonctionne comme un animal autre que humain. Je m'identifie en tant que humaine-louve rouge en quelque sorte, puisque comme dit dans un précédent article, je vois ma thérianthropie comme un équilibre entre humanité et animalité.

Pourquoi je parle de ça ? Et bien déjà, j'ai pu voir plusieurs thérians vidéastes du côté anglophone de la force (je n'ai toujours pas trouvé du côté francophone, mais je garde espoir) traiter de ce sujet en réaction à des commentaires, mais également parce que la seule vidéo française traitant de ce sujet que j'ai pu trouver (pour l'instant) est une vague évocation sous la forme d'un journal télévisé d'à peine deux minutes fait à l'arrache et d'une façon assez douteuse, bourrée d'un sarcasme lourd de sens. J'ai pu noter d'ailleurs l'emploi de la formulation « se prendre pour [quelque chose, quelqu'un] » qui a eu le don de m'hérisser le poil. A entendre ça, on pourrait croire que c'est un jeu.

Non, les otherkins et thérians ne jouent pas ; il s'agit de leur identité et de leurs ressentis profonds. Il me semble important de préciser que ce n'est pas quelque chose qui disparaît au fil du temps : il s'agit d'une identification réelle pour nous, et si on commence à effacer notre partie non-humaine, on se sent vide. Vraiment. Parce qu'on perd une partie de notre identité et de notre façon de percevoir/interagir avec le monde qui nous entoure. En un sens, le fait d'avoir cette identification est enrichissant, même si c'est dommage de devoir se cacher pour éviter des remarques fortement déplaisantes, voire menaçantes.

Donc non, non et re-non : on ne se prend pas pour des animaux ou créatures fantastiques. Une part de nous correspond à ces êtres, point. Peu importe la façon dont on vit la chose, le résultat est le même : nous n'avons pas un fonctionnement entièrement humain, donc notre identification dévie plus ou moins fortement de notre espèce biologique. On n'est pas non-humain·e·s pour autant, on a conscience que notre corps est humain, que notre cerveau est humain et que, de ce fait, nous communiquons comme des humains. Sinon, on pourrait dire adieu à toute vie sociale, et donc aux réseaux sociaux également. Je ne pourrais pas vous expliquer mes pensées et ressentis sur ce site, si je me prenais pour une louve rouge et n'agissais que comme telle.

Nous sommes humain·e·s, nous aussi. Et quand bien même une partie de nous fonctionnerait différemment, si au fond on reste humain·e et qu'on en a conscience, qu'est-ce qui pourrait bien déranger ?



02/01/2017
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