Ivy Pack

Ivy Pack

Quand l'animalité se cache...

... Il ne reste plus qu'un.e humain.e perdu.e et désemparé.e.

 

Je vois ma thérianthropie comme un équilibre : une partie de ma tête fonctionne en accord avec mon espèce biologique afin de me permettre d'évoluer correctement dans la société, tandis que l'autre a décidé de s'exprimer de façon non-humaine, dans la mesure du possible, afin de mettre un mot sur ma différence. Tout me pousse à croire que c'est ainsi que pense tout thérian en accord avec lui-même et son environnement.

Cependant, cet équilibre reste fragile dans mon cas. Si je manque de stimulus extérieurs, ou qu'au contraire, j'en subis trop qui cherchent à mettre en avant mon humanité, le résultat est le même : l'équilibre est foutu en l'air, ce qui peut causer un effacement d'une de mes façons de fonctionner. Le plus souvent, la louve rouge s'écrase sous le poids de l'humaine, qui doit primer afin de réagir correctement aux situations dans lesquelles je suis. Vous comprendrez bien que si je suis entourée d'humains que je ne connais que très peu, il est plus judicieux de venir leur taper la causette, plutôt que de venir les sentir pour mieux les cerner.

Avec le Nouvel An, mon équilibre a été mis à rude épreuve, et j'ai momentanément perdu mon côté "louve rouge" qui me faisait me sentir moi-même. Et punaise, qu'est-ce que ça a fait vide. J'ai eu le moral à zéro, je ne savais plus qui j'étais. Avais-je seulement fait semblant d'être thériane ? (Oui, il m'en faut peu pour douter de mon identité) Pour palier à cela, j'ai pris ma queue en laine récemment terminée et l'ai attachée à mon pantalon, puis ai foncé sur YouTube pour regarder des vidéos de thérians en espérant tomber sur des personnes sérieuses, et non des enfants de 12 ans faisant des tutoriels pour apprendre à courir sur quatre pattes. Seulement, quand je tombe sur les fatidiques vidéos que je voulais éviter, je suis encore plus effarée. Je suis mal à l'aise, parce que j'entends des "wolf" partout (je regarde des vidéos du côté anglophone de la force lorsqu'il s'agit de thérianthropie) et je vois des comportements parfois presque parodiques s'inspirant vaguement des canidés. Et je me dis "mais, ces bestioles sont des cousins de ma bestiole". Oui. Moi aussi, je suis une louve, et maintenant que je dis ça, ça m'écorche presque le coin de la bouche de l'écrire. Parce que si je me présente ainsi : "Salut, je suis Ox, je suis une thériane louve rouge", on pourrait tout autant me catégoriser comme je le fais avec ces enfants qui ont sûrement encore tout à apprendre sur leur(s) thériotype(s). Cela rejoint un précédent article que j'ai écrit, je ne vais donc pas m'étendre sur ce sujet.

Là où je veux en venir, c'est que ça me fait douter de ma propre thérianthropie. Suis-je bien une louve rouge ? Pour aller plus loin, ne suis-je pas en train de me mentir en me croyant thériane ? Après tout, j'ai commencé à me sentir comme telle après avoir entendu parler de l'existence d'une animalité occupant une partie de la tête de certaines personnes. Dans ces cas-là, je me dis que je suis la seule à pouvoir en juger et que si jamais un jour, je pense qu'au final, c'était du flan, et bien tant pis. Mais il faudra que je m'en rende compte véritablement par moi-même, plutôt que de douter et d'écraser à nouveau mon équilibre.

J'ai toujours un peu le moral dans les chaussettes, parce que ça ne fait que quelques minutes que j'ai compris ce qui me dérangeait, et que ce n'est pas encore réglé. Ça viendra, ce n'est pas la première fois que ça arrive, mais j'espère vite retrouver cet équilibre, parce qu'en quelques heures seulement, il me manque déjà.



01/01/2017
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