Ivy Pack

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Réflexion sur l'écriture et la thérianthropie

On trouve quantité de blogs et de forums sur la thérianthropie, mais en trouver qui soient à la fois pertinents et actifs peut être un peu difficile.

Je me posai la question du "pourquoi ?" l'autre soir, et en repassant dans la tête les différents blogs et forums que je connaissais, j'ai vite fait un constat amusant : les thérians expérimentés, qui sont en paix avec leur part animale, ceux-là même dont on voudrait avoir des articles de quatorze kilomètres de long, ceux-là sont les moins actifs ; à l'inverse, les jeunes thérians encore maladroit vis-à-vis de leur part animale sont ceux dont la plume semble la plus active.

 

Cela a donc soulevé un nouveau "pourquoi ?". Je tiens à préciser que je vais faire des généralités pour éviter de trop entrer dans des détails et risquer la digression, et que je parle du point de vue psychologique uniquement.

 

Quand on regarde les thérians les plus jeunes, ils mettent leur thérianthropie au centre de leurs problèmes. Je ne leur jette pas la pierre, j'ai fais pareil.

Difficultés sociales, sensation d'être différents, réactions inadaptées, c'est parce que l'on est thérians. Point.

Alors ils écrivent sur ce mal-être, sur la difficulté à contrôler leurs réflexes et réactions, sur l'envie qu'ils ont de pouvoir être eux-même.

 

A mon sens, la thérianthropie n'est pas la source du problème, mais un moyen de les régler. Un moyen qui devait être adapté, ou sembler adapté, à un moment de l'existence, mais qui a cessé de l'être depuis, et qui doit être mis à jour.

Pourquoi j'en suis arrivé à cette idée ?

En observant la communauté thériane ou otherkin, on s'aperçoit vite qu'il n'y a que très, très peu de personnes "normales". On trouve plus de surdoués/haut-potentiels, d'Aspergers, de LGBT+ etc. que de gens n'ayant que la thérianthropie à leur liste de choses "hors-normes".

Est-ce qu'il faut être hors-norme pour être thérian ? Non.

Mais être hors-norme semble prédisposer à la thérianthropie d'une certaine façon.

 

Dans mon cas, la thérianthropie a été une réponse au fait que je n'ai aucune notion de comportement social.

L'animalité de mon caractère, avec entre autre la réponse basique "fuite/affrontement", le sens de la hiérarchie ultra-prononcé, une notion semblant innée de dominance et de soumission, cela provient autant de l'environnement dans lequel j'ai grandis que d'un modèle sur lequel je me suis involontairement construite pour palier au fait que j'étais socialement inadaptée.

Mes parents, mes professeurs, n'ont jamais compris que j'avais plus besoin que les autres que l'on m'explique les comportements sociaux à avoir. J'ai donc dû trouver comment combler ce manque toute seule, et le seul autre modèle que j'avais sous les yeux, et que je pouvais comprendre sans l'aide de personne, c'était celui des animaux.

J'ai grandis entouré d'animaux : un chat, le chien de mes grands-parents, ceux de mes amis ou de mes voisins. Je n'ai jamais manqué de références animales. Le langage corporel canin et félin sont devenu des réflexes chez moi, à tel point que j'ai parfois du mal à expliquer comment je sais que l'animal en face de moi exprime telle ou telle émotion. Je le sais, c'est tout. Je ne dis pas que je suis infaillible, je reste un être humain avec ses limites, mais par rapport à d'autres personnes du même âge ayant vécu avec des chiens, j'ai toujours été plus sensible à leur langage corporel, et a toujours sus instinctivement l'employer en retour.

Cela a plus d'une fois donné des situations étonnantes, surtout quand j'employais involontairement une pose canine ou félin en réponse à un être humain.

 

Je pense que si l'on cherche bien, on peut trouver chez n'importe quel thérian une raison à sa thérianthropie.

Je pense cependant que l'on ne devient pas thérian par hasard. Il y a quelque part une certaine prédisposition, qui n'a rien à voir avec le fait d'être hors-norme. Cela rejoint un peu l'idée de la thérianthropie spirituelle.

 

Pour en revenir au fait que les thérians plus expérimentés écrivent souvent moins, je pense que ça vient justement du fait qu'ils ont réussis à passer au-dessus du "pourquoi" de leur thérianthropie, et à accepter celle-ci pour ce qu'elle est : une façon de réagir différente de celle des autres.

Passer au-dessus ne veut pas dire que l'on cesse d'être thérian, cela veut dire que l'on est beaucoup plus en paix avec soi-même. Une fois en paix avec soi-même, les réactions animales se font moins impérieuses, moins violentes, et deviennent beaucoup plus naturelles dans le sens où elles ne surviennent plus brusquement. Elles s'intègrent dans le fonctionnement de l'individu sans le compromettre.

Par exemple, je reste quelqu'un ayant une vision hiérarchisée, je reste sensible aux notions de dominance et soumission, je continue d'employer le langage corporel canin et félin, parce que je ne peux pas faire autrement.

Mais je suis capable d'interagir avec beaucoup, beaucoup moins de problèmes qu'avant, et les actes plus animaux cités plus haut n'apparaissent que comme de petites bizarreries que chaque personne possède.

 

Tout devient plus calme, comme allant de soi, et n'y a donc plus grand chose sur lesquelles on peut disserter.

 



17/11/2016
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