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Réflexion sur le thériotype

Le thériotype (ou les thériotypes) sont la représentation de notre identification non-humaine. Ils permettent de mettre une image sur des sensations, des ressentis, des réactions.

Mais trouver son thériotype est quelque chose de long et plus ou moins hasardeux. Il faut faire des recherches, passant souvent du côté anglais si on veut trouver des informations à jour ou pertinentes, mais aussi passer par une introspection et une sérieuse remise en question de ce qui fait que l'on est soi-même, et qu'on ne se sent pas totalement humain.

 

On ne choisit pas son thériotype, mais il y a une chose sur laquelle on peut être sûr : le thériotype est totalement subjectif et jamais acquis ou certain.

 Il peut changer, évoluer au cours d'une vie. Comme dit dans un autre article, l'être humain est une espèce complexe, trouver qui on est réellement peut être ardu, et mener à de fausses pistes selon le contexte dans lequel on évolue, selon notre éducation, selon notre histoire...

Par exemple, je me suis identifiée en tant que louve pendant cinq ans, avant que la situation clairement anormale dans laquelle je me trouvais cesse, et que je finisse par pouvoir révéler mon vrai caractère sans user de moyens détournés. Il est alors apparu que je n'avais avec le loup qu'une vague ressemblance.

 

Le thériotype dépend aussi de nos connaissances. Un vrai thérian ne modifie pas son comportement selon son thériotype, il trouve son thériotype selon son comportement, cela n'empêche pas que nos connaissances entre en ligne de compte.

On a beau s'identifier en tant que non-humain, nous ne sommes pas des animaux non-humains, et nous avons grandis, avons été éduqués, par des humains. Nous n'avons donc aucune connaissance du fonctionnement des autres animaux, c'est quelque chose que l'on doit apprendre par soi-même.

Le thériotype peut donc se retrouver faussé par une connaissance incomplète ou erronée de l'animal, enrobée dans des croyances dépassées, des stéréotypes etc...

On prendra par exemple ceux qui disent s'identifier au loup parce que c'est un animal sauvage, solitaire, noble, qui tient à sa meute, qui a un grand sens de la hiérarchie ou encore qui est féroce ; alors qu'en réalité, un loup est un animal hyper-sociable, capable de meurtre aussi bien que l'homme quand il s'agit de défendre son territoire, capable de chasser ses propres frères et soeurs de la meute, et la hiérachie si stricte observée n'est valable que chez les loups captifs, les loups sauvages vivants selon un modèle parents-enfants.

Sans le savoir, ces gens décrivent plus le comportement d'un chien sauvage que d'un loup. Et encore...

Ca peut aussi expliquer pourquoi il y a des thérians qui n'aiment pas rencontrer des gens partageant le même thériotype qu'eux. Les croyances et connaissances respectives risquent de s'opposer, la façon de se vivre risque de ne pas être semblable, et de pointer les failles dans l'identification de l'autre.

Car une identification n'est jamais parfaite.

 

On pourrait donc se demander si la thérianthropie, au vu du caractère influençable du thériotype, est vraiment réelle. Mais la définition première de la thérianthropie, c'est l'identification à un animal non-humain, sans précision sur ce qu'est cet animal. C'est la sensation qu'une part de nous n'est pas humaine, ce n'est pas défini par le fait qu'on se sent plus proche du coyote que de l'autruche.

 

On pourrait se demander pourquoi chercher à mettre une image précise sur des ressentis aussi imprécis.

La réponse est simple : un besoin d'identification. Savoir qui on est en sachant ce que l'on est. L'être humain a du mal à se contenter d'une image floue et indéfinie. On a besoin de poser des mots sur ce qu'on est, d'expliquer mais surtout de comprendre.

Pouvoir dire : je m'identifie en tant que coyote parce que j'agis comme ceci... est plus rassurant que de simplement dire : je ne m'identifie pas en tant qu'humain.

La négation pointe un vide, un manque qu'il faut combler.

Et si le sujet de l'identification est au final différent de ce que l'on pensait, soit on est capable de composer avec ces différences en si disant "oui, je m'identifie en tant que tel animal, mais j'agis aussi comme ci et comme ça", soit on repart chercher quelque chose qui correspond mieux.

 

Le fait que le thériotype peut changer peut en déstabiliser plus d'un, ce qui est compréhensible. Comme dit dans un autre article, on nous apprend dès la naissance que l'on est qu'une seule et unique chose : un corps, une personnalité, un caractère... alors que l'être humain est bien plus complexe. L'idée que l'on soit humain et que l'on s'identifie en tant qu'animal non-humain est souvent perçue comme étrange.

Beaucoup pensent aussi que l'on se doit de se connaître parfaitement, et l'idée que l'on puisse découvrir que l'on est pas ce que l'on pense être leur semble aberrante. Alors l'idée que quelque chose comme le thériotype, qui est de base considéré comme hors-norme, ne soit pas inné comme peut sembler l'être le genre ou l'orientation sexuelle, ça en bouscule plus d'un, qui préfèrent sauter à la conclusion que tout est faux.

Mais aucun thérian ne s'est jamais dit "je suis un loup d'Alberta typé Mackenzie" ou "je suis un guépard de souche Asiatique" dès qu'il a comprit qu'il ne s'identifiait pas à l'être humain.

A moins de connaître dès la naissance toutes les espèces animales et leurs comportements, instincts, mode de vie, c'est quelque chose qui ne risque pas d'arriver si on a pas prit le temps d'apprendre. Ca peut porter à confusion, et certains seraient tentés de dire "tu as besoin d'apprendre ce que tu es ? Comme un modèle ?".

 

Alors oui et non.

Je vais commencer par le "non" pour que la suite soit plus claire.

Non parce que on apprend des choses sur les animaux non-humains, pas sur nous-même. Non parce que ce n'est parce qu'un animal qu'on aime bien fait telle ou telle chose que l'on va modifier son comportement pour en faire un thériotype. Ca ne fonctionne pas comme ça. Ce n'est pas un modèle. On trouve notre thériotype par rapport à nos réactions. C'est une découverte, pas un apprentissage.

Oui parce qu'on ne se connait jamais vraiment, et que la recherche d'un thériotype est souvent synonyme d'introspection, nous dévoilant quand on est honnête avec soi-même, des facettes de notre personnalités que l'on n'avait jamais remarqué avant. On apprend donc qui on est, ce qui indirectement nous mène à apprendre ce que l'on est.

 

Au final, que peut-on dire du thériotype ?

Il est incertain et changeant, dépendant de nos connaissances, de notre personnalité, de nos ressentis, des choses qui changent et évoluent.

Il n'y a donc pas plus personnel qu'un thériotype.



28/10/2016
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