Ivy Pack

Ivy Pack

Un animal dans la ville

La ville...

Si on m'avait dit il y a quatre ans que je serais dans mon élément en pleine ville, j'aurais ris.

J'ai passé ma petite enfance à la limite de la ville et la campagne, mon enfance et mon adolescence en pleine cambrousse. Et il y a quatre ans, ma mère a décidé de déménager en plein coeur de Toulouse.

Ouais, sacré changement.

Je voyais la ville comme un déracinement. On allait m'arracher à ma liberté, ma campagne, mon mini-monde sauvage. Plus de champ, plus de forêt, plus d'exploration accompagnée du chien fugueur du voisin.

Un enfer.

C'est ce que beaucoup de thérians avec qui j'ai pu discuter disent. Ils ont besoin d'être au milieux de la nature pour se sentir bien, pour se sentir eux-même. Ils ont besoin d'un lien avec les plantes et les animaux. Les champs et les forêts sont habités d'un esprit étrange, vivifiant.

Je pensais être comme ça aussi.

Mais j'ai apprivoisé la ville, petit à petit. Comme le coyote, je me suis adaptée. J'ai fais mien ce milieux inconnu.

 

Je n'aime pas être collée aux autres, mais rien n'est plus plaisant que prendre le bus, le voir se vider petit à petit, rester la seule à l'intérieur. Je n'aime pas le bruit, mais me faufiler dans la foule pour rejoindre ma boutique de bouquin préférée, ou juste se balader dans les rues avec des amis, se fondre dans la masse et observer les autres, ça j'aime.

La ville est épuisante, la ville est passionnante.

Elle demande une utilisation des sens plus subtile, plus intense. Je ne vais pas mentir, je préfère largement être en forêt qu'en ville. C'est plus calme, plus serein. Mais au final, si je devais choisir un lieu où vivre, ça serait la ville.

 

La ville est grouillante de vie, comme la forêt, elle possède son propre esprit. Un esprit lourd et écrasant la journée : il faut apprendre à se faire tout petit, à se faufiler, à se créer sa bulle pour que le monde extérieur de nous submerge pas.

Un esprit attentif et sauvage la nuit : il vaut mieux sortir en groupe, et pour ceux qui veulent errer  seuls dans les rues, la discrétion est de mise. Le monde extérieur n'est plus, seul co-existent les mondes individuels de ceux dont les ombres rampent sur les murs. La nuit, on oublie que par-delà les briques et le bétons, il y a d'autres gens.

La méfiance est partout, mais on y est étrangement détendu.

 

J'aime sortir la nuit, me balader dans mon quartier, fouiner ici et là, me cacher quand je vois d'autres gens. J'aime sortir la journée, me glisser à travers la foule jusqu'à ma destination.

La ville est mon élément, mon territoire. Je serais bien incapable de survivre en forêt.

 

Entre les renards et les pies fouillant dans les poubelles, on peut désormais apercevoir un coyote qui trottine sur le bord d'une ruelle, ou l'ombre d'une panthère qui se faufile entre les maisons.



28/10/2016
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