Ivy Pack

Ivy Pack

Une communauté ?

Que ce soit pour la thérianthropie, la multiplicité, ou tout autre qualificatif décrivant des ressentis hors-normes, on voit vite apparaître une communauté qui lui est relié, avec ses chefs de file, ses membres les plus connus (en mal ou en bien) etc...

Ceci aboutit à la création d'un vocabulaire plus spécifique, qu'on peut ne pas comprendre si on ne fait pas partit de la communauté, et on finit par avoir un certain phénomène de groupe digne d'une cours de récréation, avec la création d'étiquettes et une importance croissante donnée aux nuances entre les membres d'un même groupe.

On finit bien vite par désigner ceux qui seront les autres, en somme. Ca n'implique pas forcément un rejet systématique de ces autres, cela dit.

 

Les thérians et multiples n'échappent pas à cette règle, bien que je vais surtout parler ici des thérians, ayant pu avoir un bref aperçu de la communauté anglaise et française, et les multiples étant encore plus fan des nuances que les thérians et otherkins, ce qui rend les recherches un peu compliquées.

 

Pas besoin de faire des tonnes de recherches côté thérians/otherkins pour se rendre compte qu'on trouve vite les mêmes têtes de file de partout, et parfois même dans les deux langues.

J'en parle avec un sous-entendu négatif, mais est-ce vraiment si négatif ?

Il faut bien des pionniers pour définir les bases de la communauté. Le problème qui se pose à mes yeux, c'est l'après. Les fondateurs, les membres plus âgés, ou encore ceux qui sont un peu trop enthousiastes, tout ce petit monde peut vite se retrouver à poser des règles strictes définissant qui est membre de la communauté et qui ne l'est pas, à appliquer des généralités, et à tenter de faire "un ensemble".

Dans le cas de la thérianthropie, je ne trouve pas ça spécialement productif. Généraliser est un moyen de faire des ensembles, de définir des catégorie et d'affiner une perception. Le problème c'est quand certains pose la généralité en règle quasi-systématique. On fait appel aux ressentis de chacun, des ressentis personnels. Définir une norme dans quelque chose déjà hors-normes est délicat, mais si en plus on fait des généralités aux allures de règles avec quelque chose d'aussi subjectif que les ressentis, on se heurte forcément à une vague de gens qui ne se retrouveront pas totalement dans les descriptions données.

 

J'ai déjà pu voir des gens écrire des phrases comme "tous les thérians ont un problème avec leur identité de genre ou leur identité sexuelle", ou "tous les thérians sont dysphoriques".

C'est vrai qu'une partie apparente de la communauté a un rapport à son identité différente de celle dont on peut être habitué. Mais ça n'a rien à voir avec le fait d'être thérian ou non. Tout comme la dysphorie d'espèce, qui n'est pas systématique non plus.

 

Le problème que pose la création d'une communauté à mes yeux sont donc la généralisation de certains ressentis qui semblent être très représentés uniquement parce que ceux qui n'ont pas ces ressentis ne le disent pas. D'un autre côté, créer un topic pour dire "je ne suis pas dysphorique" ou "je ne suis pas agenre", ça serait légèrement... étrange, non ?

Mais ceux qui ont un regard extérieur s'en fichent, eux, de cette partie qui "n'est pas". Et on aboutit à une représentation de cette généralité qui finit par être à la limite de la caricature.

 

C'est pour cela que moi, qui ne m'enchaîne qu'à ceux que j'ai choisis, j'ai énormément de mal avec l'idée que ce que fais une personne à l'autre bout du pays, ou du monde, peut avoir des retombés sur moi uniquement parce qu'on partage une même étiquette, avec une interprétation différente. C'est aussi pour ça que je me tiens en marge de la communauté thériane/otherkin, avec quelques incursions plus poussées de temps en temps.  Je partage un point de vue globale proche du leur, mais dans le détail, il y a peu de choses qui parviennent à coller.

 

Intégrer une communauté, utiliser ses codes et son vocabulaire, c'est autant une façon de partager que de se mettre en danger. On ne voit que ceux qui gueulent le plus fort et le plus souvent, ce n'est pas toujours pour du positif, malheureusement, et tout le monde en subit ensuite les conséquences. C'est pour cela que je ne me coupe pas non plus totalement de la communauté thériane.

Savoir ce qui s'y passe, c'est pouvoir être préparer à d'éventuels ennuis.



28/10/2016
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